Caroline Furneaux : l’amour en boîte

11 septembre 2025   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Caroline Furneaux : l'amour en boîte
Rosa, The Mothers I Might Have Had © Caroline Furneaux
Une femme à côté d'un gros cactus
Julie, The Mothers I Might Have Had © Caroline Furneaux

Dans son ouvrage The Mothers I Might Have Had, Caroline Furneaux exhume l’archive intime de films 35 mm de son père décédé pour une dernière preuve d’amour filial.

« J’ai découvert l’archive des films 35 mm de mon père quelques années après son décès, en 2011. Mes parents vivaient dans la même maison depuis cinquante ans, et la collection était rangée dans une boîte en carton de leur chambre d’ami·es. Je savais qu’il avait été photographe amateur dans sa jeunesse, et je m’attendais à des clichés de son service national au Nigeria ou de la culture des pois en Suède, où il avait travaillé comme agronome », se souvient Caroline Furneaux. En ouvrant le couvercle qui renferme les images, pourtant, sa première vision est celle d’une femme au bandeau rouge et au ciré bleu entourée de cactus. Elle pose, radieuse, les yeux fixés sur l’objectif, sa joie partagée avec l’auteur du portrait : son père. « Je l’ai connu plutôt acariâtre en grandissant, et ça m’a ravie de le voir s’amuser et être libre », ajoute-t-elle.

Deux femmes accoudées sur le capot d'une voiture rouge
Marianne et Ebba, The Mothers I Might Have Had © Caroline Furneaux
Une femme en bikini adossée à une rembarde, la plage derrière
Patricia, The Mothers I Might Have Had © Caroline Furneaux

Sous le soleil de Suède

Sur les photos qu’elle parcourt, d’autres corps féminins se succèdent, d’autres sourires, peaux bronzées, bikinis et cheveux lâchés, autant de détails évocateurs d’un été sans fin, passé sous le soleil de Suède, de rencontres éphémères et de légèreté. Et, parmi ces figures anonymes, Caroline Furneaux reconnaît sa mère – silhouette au maillot blanc, s’appuyant sur le capot rouge d’une voiture. « Elle se souvient exactement du moment où ça a été pris, raconte-t-elle. Elle venait de rendre visite à mon père, rentré en Angleterre. C’était un moment crucial, le lendemain, elle le demandait en mariage. » Une résolution qui fascine l’autrice : sur les dernières pages de son livre, le visage de sa mère revient, comme une ponctuation, une cadence visant, par sa répétition, à la différencier du reste des modèles. « On pourrait penser qu’elle était celle qu’il avait choisie, mais c’est finalement elle qui en a décidé ainsi », commente-t-elle.

Cet article est à retrouver dans son intégralité dans Fisheye #73.

Dewi Lewis Publishing, 156 pages, 29 €.
Gros plan sur un bras et un haut de maillot de bain
Rosa, The Mothers I Might Have Had © Caroline Furneaux
Une femme au cheveux courts devant un buisson
Pia, The Mothers I Might Have Had © Caroline Furneaux
Couverture du magazine Fisheye n°73 amour
136 pages
7,50 €
À lire aussi
La sélection Instagram #512 : amour censure, amour sincère
© Aniela Kurkiewicz / Instagram
La sélection Instagram #512 : amour censure, amour sincère
« Il n’y pas d’amour censure, il n’y a que d’l’amour sincère », chante Hoshi. Peut-être ces paroles rythmeront-elles la marche des…
24 juin 2025   •  
Écrit par Lucie Donzelot
Fisheye #73 : vivre d'Amour et d'images
© Jenny Bewer
Fisheye #73 : vivre d’Amour et d’images
Dans son numéro #73, Fisheye sonde les représentations photographiques de l’amour à l’heure de la marchandisation de l’intime. À…
05 septembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Explorez
Claire Amaouche et les évocations d’une errance
© Claire Amaouche
Claire Amaouche et les évocations d’une errance
Publié chez Zoetrope, De tous les chemins sauvages imagine une errance poétique dans une nature indomptée. Un périple jusqu’aux paysages...
À l'instant   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Rafaelle Lorgeril : dans le brouillard du réel
© Rafaelle Lorgeril
Rafaelle Lorgeril : dans le brouillard du réel
Entre flous et lumières presque picturales, la photographe et directrice artistique Rafaelle Lorgeril construit un univers d’images...
09 mars 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 2 mars 2026: un besoin de liberté
© Larasomo / Instagram
Les images de la semaine du 2 mars 2026: un besoin de liberté
C’est l’heure du récap’ ! Cette semaine, le soleil s’est immiscé dans nos journées et les images dévoilées insufflent un vent de liberté...
08 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
La Fondation Hasselblad annonce le nom de la personne lauréate de son édition 2026
© Zanele Muholi
La Fondation Hasselblad annonce le nom de la personne lauréate de son édition 2026
Le 6 mars 2026, à Göteborg, la Fondation Hasselblad a dévoilé le nom de la personne lauréate de son édition 2026. Il s’agit de l’artiste...
06 mars 2026   •  
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Claire Amaouche et les évocations d’une errance
© Claire Amaouche
Claire Amaouche et les évocations d’une errance
Publié chez Zoetrope, De tous les chemins sauvages imagine une errance poétique dans une nature indomptée. Un périple jusqu’aux paysages...
À l'instant   •  
Écrit par Lou Tsatsas
L'agenda de la semaine : 5 expositions à ne pas rater !
© Irène Jonas
L’agenda de la semaine : 5 expositions à ne pas rater !
Cette semaine, les photographes nous invitent à repenser notre lien sensible et poétique avec les espaces et les éléments qui nous...
11 mars 2026   •  
La sélection Instagram #548 : natures mortes
© celinesaby
La sélection Instagram #548 : natures mortes
Cette semaine, nos photographes de la sélection Instagram s’emparent du genre classique de la nature morte pour le réinventer de fond en...
10 mars 2026   •  
Rafaelle Lorgeril : dans le brouillard du réel
© Rafaelle Lorgeril
Rafaelle Lorgeril : dans le brouillard du réel
Entre flous et lumières presque picturales, la photographe et directrice artistique Rafaelle Lorgeril construit un univers d’images...
09 mars 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas